Solaire Direct construit une usine de modules photovoltaïques... en Afrique du Sud
Opérationelle d'ici la fin de l'année. Il y aura peut-être une usine d'assemblage en France en 2009. Le communiqué de presse ne précise pas les raisons de l'implantation en Afrique du Sud pour un investissement de 3,5 millions d'Euros (de capitaux français et en partie publics via Demeter Partners de la Caisse des Dépôts). Le développement de Solaire Direct n'est possible que par le vote d'un tarif préférentiel pour le rachat d'électricité photovoltaïque par EDF mais les emplois industriels liés à cette décision ne seront pas (pour le moment) créés en France.
Dans l'Etat de Washington (6 millions + d'habitants), les incitations
fiscales pour l'installation de capteurs solaires ne s'appliquent
qu'aux panneaux construits dans l'Etat: en conséquence, une usine est
en cours de construction.
Peut-on se satisfaire de la création (quasi-obligée) d'emplois au niveau de l'installation sans se préoccuper de la fabrication des panneaux? Quelle politique industrielle pour la France dans le domaine photovoltaïque? Quels liens entre la politique industrielle et les incitations financières?



Bonjour, pour apporter des éléments de réponses aux questions légitimes de votre article :
L’objectif central de Solaire Direct est de produire le plus vite possible un kWh solaire à prix de marché, sans subvention. Le corollaire de cet objectif est de chercher à minimiser les coûts par une stratégie de multilocalisation : production de cellules en Allemagne (via le contrat d’approvisionnement avec Q-Cells, le leader mondial), assemblage de modules photovoltaïques en Afrique du Sud, production de matériels électriques (via le contrat d’approvisionnement avec Schneider Electric) et intégration de systèmes en France. On crée beaucoup d’emplois partout (surtout en France…) et tout le monde y trouve son compte. La monolocalisation en France demanderait une poursuite à long terme d’incitations de plus en plus onéreuses pour la collectivité, et favoriserait in fine les produits 100% délocalisés : c’est une impasse industrielle. A noter que l’impact carbone du transport maritime d’équipements peu volumineux est très faible.
Solaire Direct cherche à se développer dès 2009 dans les pays émergents, et tout particulièrement en Afrique, dont la ressource solaire est considérable et dont le développement est gravement affecté par l’insuffisance de la production d’électricité (qui est généralement produite à partir du charbon ou du fuel). Assembler des modules en Afrique, c’est se positionner au mieux pour saisir une opportunité qui va être considérable dans peu de temps, et contribuer de manière significative au développement économique, social et environnemental de l’Afrique avec de vrais emplois industriels (et pas seulement de l’agriculture, des mines ou du tourisme) et une énergie propre, pacifique et locale.
Rédigé par: yann Boulègue | vendredi 09 mai 2008 at 04:32