Je vous renvoye pour la présentation officielle au document pdf de l"INPES.
On est -évidemment- dans l'autosatisfaction mais je crois que cette stratégie comporte de nombreux points faibles, voire de flagrantes erreurs.
La principale (et plus grave) erreur consiste à médicaliser au maximum le processus d'arrêt en investissant massivement (et sans aucune garantie de résultat significatif et de bon rapport qualité prix) dans les consultations médicalisées hospitalières (de groupe: 8 million d'Euros, individuelles 13 millions d'Euros) et le subventionnement des substituts nicotiniques durant un mois (ce qui ne repose -je crois- sur aucune base scientifique) pour 60 millions d'Euros (estimation).
Le lobby des tabacologues et l'industrie pharmaceutique se taillent donc la part du lion avec environ 81 millions d'Euros d'argent public. Je n'ai rien vu dans le dossier de presse sur le prix auquel les substituts nicotiniques seront achetés... je serai très curieux de voir les chiffres de l'évaluation si elle a lieu, si elle est indépendante et si elle est jamais rendue publique. Beaucoup de si...
Les associations verront leurs crédits (qui étaient minuscules) doublés à 3,2 millions d'Euros. Pour qui? Pour quoi faire? Je demeure très sceptique car rien ne garantit une utilisation efficace plutot que clientèliste.
Sur la communication, l'INPES commence par nous dire que les budgets de 2004 et 2005 se montaient à 4,3 millions d'Euros et que le budget de 2006 sera de 4,7 millions d'Euros.
Est-ce satisfaisant? On peut en douter quand on regarde ce qui est investi ailleurs (en Grande Bretagne par exemple) mais j'y reviendrai. Ce que l'on peut dores et déjà constater en regardant les années précédentes c'est qu'un tel budget n'assure en rien une présence continue: en réalité la plupart du temps il n'y a aucune communication sur le tabagisme.
La démonstration en est d'ailleurs faite immédiatement par la campagne qui commence le 16 novembre qui durera jusqu'au 6 décembre, soit 3 semaines, pour 3 millions d'Euros. on peut donc estimer (à la louche) qu'une semaine de campagne télé revient (dans les conditions actuelles) à 1 million d'Euros.
Le budget global de 2006 étant de 4,7 millions d'Euros correspond donc à environ 5 semaines de présence (sur 52). On est -à mon avis- très loin de ce qui est nécessaire et il serait urgent d'envisager des alternatives tant quantitatives (crédits plus importants) que qualitatives (révision des cahiers des charges des chaines de télévision et des radios pour obtenir des espaces gratuits -comme pour la sécurité routière, obligation d'insertion de messages antitabac avant tous les films contenant des scènes de tabagisme).
Pas un mot sur une mesure qui n'aurait pas couté un sou: l'installation d'avertissements graphiques sur tous les paquets (et d'un message à l'intérieur) comme la Commission Européenne le propose depuis... deux ans et le Canada le fait depuis 5 ans (la Belgique en mai 2007).
Le thème de la campagne qui commence fait référence à l'ignorance que l'on aurait eue dans les années 1970 des dangers du tabagisme passif, suivie d'un 'Maintenant on sait". Le gros problème pour les instigateurs de cet argument c'est que ce n'est pas en 2006 que l'on a "découvert" les dangers du tabagisme passif.
Si les premières campagnes de l'INPES sur le sujet ont démarré en 2003, cela faisait bien des années que l'on connaissait les dangers mais que les "décideurs" (notamment à la CNAMTS sous influence de l'industrie) refusaient totalement d'en parler.
Pourquoi n'y-a-t-il pas eu de campagne sur ce thème dès 1991 (par exemple) à l'occasion du vote de la loi Evin? C'est quand même plus de dix ans de perdus (sauf si l'on compte les brèves campagnes menées -à mon initiative- par le CNCT en recyclant -le plus souvent- des documents en provenance de pays où la communication était plus libre).
Dans un tel contexte, tout triomphalisme me semble déplacé et infondé. Voilà des lignes qui me feront encore de nombreux amis mais il convient de conserver le sens des réalités, le sens de la mesure (relative) et un peu de mémoire.
In fine, je serais curieux de savoir combien de pays facturent les appels à la quitline et pourquoi la France n'a pas adhéré (que je sache) au Réseau Européen des Quitlines (constitué en 2000). Pour ne pas avoir à souffrir de la comparaison?
Bien entendu, la mise en place sur chaque paquet du numéro de la quitline (et sa gratuité) seraient des mesures à considérer en priorité.
Ce sera pour une autre/la prochaine fois?




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